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Preuves modérées

Jeûne intermittent : ce que montrent vraiment les études

Le jeûne intermittent promet de maigrir sans compter et de « réparer » les cellules. Les essais cliniques donnent une image plus sobre, mais pas inintéressante.

Par la rédaction d’Assiette JusteMis à jour le 3 min de lecture
Personne tenant une fourchette et un couteau
Photo : Seb Reivers sur Unsplash
L’essentiel

Le jeûne intermittent (fenêtre de 16 heures sans manger, ou deux jours par semaine à apport très réduit) fait perdre du poids à peu près autant qu’un régime hypocalorique classique, selon les essais : il fonctionne surtout parce qu’il fait manger moins. Il peut convenir à ceux qui le trouvent plus simple. Il est déconseillé aux enfants, aux femmes enceintes ou allaitantes, aux personnes ayant eu des troubles du comportement alimentaire et aux diabétiques traités sans avis médical.

Les principales méthodes

MéthodePrincipeExemple
16/8 (alimentation limitée dans le temps)manger dans une fenêtre de 8 h, jeûner 16 hrepas entre 11 h et 19 h
14/10version plus doucerepas entre 9 h et 19 h
5:25 jours normaux, 2 jours non consécutifs à environ 500-600 kcallundi et jeudi allégés
Jeûne un jour sur deuxalternance de jours normaux et de jours à très faible apportplus contraignant

Ce que montrent les essais

TREAT (2020), un essai de 12 semaines publié dans JAMA Internal Medicine, a comparé un schéma 16/8 sans autre consigne à trois repas structurés. La perte de poids n’était pas significativement différente entre les groupes.

Liu et al. (2022), dans le New England Journal of Medicine, ont suivi pendant un an 139 personnes en obésité, toutes soumises à la même restriction calorique, avec ou sans fenêtre de 8 heures. Les deux groupes ont perdu autant de poids (environ 6 à 8 kg), avec des résultats métaboliques comparables.

Le jeûne un jour sur deux (Trepanowski, 2017) n’a pas fait mieux qu’une restriction calorique quotidienne sur un an, avec davantage d’abandons.

Conclusion : le jeûne intermittent est une manière parmi d’autres de réduire ses apports. Ses effets propres, indépendants de la baisse des calories, restent à démontrer chez l’humain.

Pour qui cela peut marcher

  • les personnes qui n’ont pas faim le matin et trouvent plus simple de sauter un repas ;
  • celles qui grignotent le soir et apprécient une « heure de fermeture » de la cuisine ;
  • celles qui préfèrent des règles simples à un comptage des calories.

Pour qui c’est déconseillé

  • Enfants et adolescents, femmes enceintes ou allaitantes.
  • Personnes ayant des antécédents de troubles du comportement alimentaire : les restrictions horaires peuvent raviver anorexie ou crises de boulimie.
  • Diabétiques traités par insuline ou sulfamides : risque d’hypoglycémie, un avis médical est indispensable.
  • Personnes âgées fragiles, dénutries ou atteintes de maladies chroniques.

Bien le pratiquer

  1. Commencer par une fenêtre de 12 heures, puis 14, avant d’envisager 16.
  2. Garder des repas complets et équilibrés dans la fenêtre : légumes, protéines, féculents complets.
  3. Viser des apports en protéines suffisants (voir nos repères).
  4. Arrêter si l’on constate des obsessions alimentaires, des crises de faim, des malaises ou une fatigue marquée.

Questions fréquentes

Peut-on boire du café pendant le jeûne ?

Oui, sans sucre ni lait, ainsi que de l’eau et des infusions. Attention toutefois au café à jeun en cas de brûlures d’estomac.

L’autophagie est-elle une raison de jeûner ?

L’autophagie, le « recyclage » cellulaire, est bien démontrée chez l’animal et la cellule. Chez l’humain, on ne sait pas mesurer son intensité dans les tissus en routine, ni si un jeûne de 16 heures a un effet clinique mesurable. C’est une hypothèse, pas un bénéfice prouvé.

Le jeûne fait-il perdre du muscle ?

Comme tout régime hypocalorique, il fait perdre un peu de masse maigre. Des apports suffisants en protéines et une activité physique, notamment de renforcement musculaire, limitent cette perte.

Sources

  1. Lowe D. A. et al., Effects of time-restricted eating on weight loss and other metabolic parameters (TREAT), JAMA Internal Medicine, 2020.
  2. Liu D. et al., Calorie restriction with or without time-restricted eating in weight loss, New England Journal of Medicine, 2022.
  3. Trepanowski J. F. et al., Effect of alternate-day fasting on weight loss, weight maintenance, and cardioprotection, JAMA Internal Medicine, 2017.
  4. Anses, Évaluation des risques liés aux pratiques alimentaires d’amaigrissement, 2010.

Cet article informe sur la nutrition en général. Il ne remplace pas une consultation : en cas de maladie, de traitement, de grossesse ou pour un enfant, demandez l'avis d'un médecin, d'un pharmacien ou d'un diététicien.