Aller au contenu
Preuves solides

Régime méditerranéen : le mieux étudié, et comment l’adopter

Ce n’est pas un régime au sens de la privation, mais une façon de manger. C’est surtout celle qui a accumulé le plus de preuves de bénéfices sur la santé.

Par la rédaction d’Assiette JusteMis à jour le 2 min de lecture
Salade aux olives, noix et fromage
Photo : Eiliv Aceron sur Unsplash
L’essentiel

Le régime méditerranéen repose sur beaucoup de légumes, de fruits, de légumineuses, de céréales complètes et de fruits à coque, l’huile d’olive comme matière grasse principale, du poisson régulièrement, peu de viande rouge et de produits sucrés. Dans l’essai PREDIMED (7 447 participants à haut risque), il a réduit d’environ 30 % les infarctus, AVC et décès cardiovasculaires par rapport à un régime pauvre en graisses. C’est l’un des modèles alimentaires les mieux validés.

Les principes

Tous les joursPlusieurs fois par semaineAvec modération
légumes à chaque repas, fruitspoisson, dont poisson grasviande rouge, charcuterie
céréales complètes, painlégumineusesproduits sucrés, pâtisseries
huile d’olive vierge extraœufs, volaillebeurre, crème
fruits à coque, herbes, épicesfromage et yaourtproduits ultra-transformés

Le cœur du modèle : les végétaux forment la base de chaque repas, et l’huile d’olive remplace le beurre et les autres graisses.

Ce que montrent les études

PREDIMED (Espagne, 2003-2011) a réparti au hasard 7 447 personnes à haut risque cardiovasculaire en trois groupes : régime méditerranéen avec de l’huile d’olive vierge extra (environ un litre par semaine et par foyer), régime méditerranéen avec 30 g de fruits à coque par jour, ou régime témoin pauvre en graisses. Après environ cinq ans, les deux groupes méditerranéens avaient environ 30 % d’événements cardiovasculaires majeurs en moins. L’article a été republié en 2018 après la découverte d’irrégularités dans la randomisation de certains centres ; les résultats sont restés comparables après correction.

La Lyon Diet Heart Study, en France à la fin des années 1990, avait déjà montré une forte réduction des récidives chez des patients ayant fait un infarctus.

De nombreuses cohortes associent aussi une forte adhésion au régime méditerranéen à une mortalité plus faible, moins de diabète de type 2, et possiblement moins de déclin cognitif.

S’y mettre en cinq changements

  1. Passer à l’huile d’olive pour la cuisson et l’assaisonnement (et un peu d’huile de colza pour les oméga-3).
  2. Mettre des légumes à chaque repas, crus ou cuits, en quantité.
  3. Introduire les légumineuses deux à trois fois par semaine : lentilles, pois chiches, haricots.
  4. Remplacer une partie de la viande par du poisson, notamment sardines, maquereaux et harengs.
  5. Grignoter des fruits à coque nature plutôt que des biscuits.

Une journée type

  • Petit-déjeuner : pain complet, huile d’olive et tomate, un yaourt, un fruit.
  • Déjeuner : salade de pois chiches, concombre, tomates, oignon rouge, persil ; un morceau de feta ; une orange.
  • Collation : une poignée d’amandes.
  • Dîner : maquereau au four, légumes grillés, boulgour ; une salade verte.

Questions fréquentes

Faut-il boire du vin pour suivre le régime méditerranéen ?

Non. Le vin figurait dans la description traditionnelle, mais il n’est pas recommandé de commencer à boire pour sa santé : il n’existe pas de consommation d’alcool sans risque, rappelle l’OMS. Le régime garde ses bénéfices sans alcool.

Fait-il maigrir ?

Ce n’est pas son objectif premier, mais les essais montrent qu’il n’entraîne pas de prise de poids malgré sa richesse en huile d’olive et en noix, et qu’il se prête bien à une perte de poids modérée quand les portions sont adaptées.

Est-il cher ?

Il peut être économique : légumineuses, légumes de saison, céréales complètes, sardines et maquereaux en conserve sont bon marché. L’huile d’olive vierge extra et les fruits à coque sont les postes les plus coûteux.

Sources

  1. Estruch R. et al., Primary prevention of cardiovascular disease with a Mediterranean diet supplemented with extra-virgin olive oil or nuts (PREDIMED), New England Journal of Medicine, 2018 (version republiée).
  2. de Lorgeril M. et al., Mediterranean diet, traditional risk factors, and the rate of cardiovascular complications after myocardial infarction: Lyon Diet Heart Study, Circulation, 1999.
  3. OMS Europe, déclaration sur l’absence de niveau de consommation d’alcool sans risque, The Lancet Public Health, 2023.
  4. Santé publique France, repères PNNS 4, 2019.

Cet article informe sur la nutrition en général. Il ne remplace pas une consultation : en cas de maladie, de traitement, de grossesse ou pour un enfant, demandez l'avis d'un médecin, d'un pharmacien ou d'un diététicien.