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Preuves modérées

Le café est-il bon ou mauvais pour la santé ?

Longtemps soupçonné d’abîmer le cœur, le café est aujourd’hui associé, dans les grandes études, à une mortalité un peu plus faible. Avec des nuances importantes sur la dose, la préparation et le sommeil.

Par la rédaction d’Assiette JusteMis à jour le 3 min de lecture
Tasse de café en céramique blanche et noire
Photo : John Price sur Unsplash
L’essentiel

Pour un adulte en bonne santé, l’EFSA considère que jusqu’à 400 mg de caféine par jour, soit environ 3 à 4 tasses de café filtre, ne pose pas de problème de sécurité. Les grandes études observationnelles associent une consommation de 3 à 4 tasses par jour à une mortalité légèrement plus faible et à moins de diabète de type 2, sans prouver que le café en soit la cause. Les femmes enceintes doivent rester sous 200 mg par jour. Le café non filtré augmente le cholestérol LDL, et la caféine en fin de journée perturbe le sommeil.

Combien de caféine dans votre tasse ?

BoissonVolumeCaféine (environ, d’après l’EFSA)
Café filtre200 ml90 mg
Expresso60 ml80 mg
Thé noir220 ml50 mg
Cola330 ml40 mg
Boisson énergisante250 ml80 mg
Chocolat chaud220 ml5 à 10 mg

La teneur varie beaucoup selon la variété (le robusta contient environ deux fois plus de caféine que l’arabica), la mouture et la préparation. Un grand gobelet de café à emporter peut dépasser 200 mg.

Les seuils de l’EFSA

  • Adulte en bonne santé : jusqu’à 400 mg par jour, et jusqu’à 200 mg en une seule prise.
  • Grossesse et allaitement : jusqu’à 200 mg par jour.
  • Enfants et adolescents : environ 3 mg par kilo de poids et par jour au maximum.

Ces seuils concernent toutes les sources : café, thé, sodas, boissons énergisantes, chocolat, certains médicaments.

Ce que montrent les études

En 2017, une revue parapluie publiée dans le BMJ a rassemblé plus de 200 méta-analyses. Par rapport aux non-buveurs, la consommation de 3 à 4 tasses par jour était associée à environ 17 % de mortalité en moins, ainsi qu’à moins de diabète de type 2, de maladies du foie, de maladie de Parkinson et de certains cancers (foie, endomètre). Les bénéfices plafonnaient au-delà.

Ces données sont presque toutes observationnelles : les buveurs de café diffèrent des autres sur bien des points, et on ne peut pas exclure que des personnes en moins bonne santé aient cessé d’en boire. D’où notre niveau de preuve « modéré » : le café n’est pas un médicament, mais une consommation modérée n’a pas à être évitée chez la plupart des adultes.

La préparation compte

Le café contient du cafestol et du kahwéol, deux composés qui augmentent le cholestérol LDL. Le filtre en papier les retient presque entièrement. Le café non filtré (cafetière à piston, café turc ou bouilli) en contient beaucoup, l’expresso une quantité intermédiaire. Si votre LDL est élevé, privilégiez le café filtre : voir notre guide sur le cholestérol.

Le sucre, la crème et les sirops ajoutés changent aussi le bilan : un grand café aromatisé à emporter peut contenir autant de sucre qu’un soda.

Qui doit limiter

  • Femmes enceintes : au-delà de 200 mg par jour, un risque accru de petit poids de naissance est suspecté.
  • Personnes sujettes à l’anxiété, aux palpitations ou à l’insomnie.
  • Reflux gastro-œsophagien : le café peut aggraver les symptômes chez certaines personnes.
  • Certaines arythmies et l’hypertension non contrôlée : demandez l’avis de votre médecin.
  • Personnes sous certains médicaments dont la caféine modifie l’effet : le pharmacien peut vous renseigner.

Café et sommeil

La demi-vie de la caféine est d’environ 5 heures chez l’adulte, plus longue pendant la grossesse ou avec certaines pilules contraceptives. Un café pris à 16 heures agit donc encore à 21 heures. Si vous dormez mal, essayez de ne plus en boire après le déjeuner : la fatigue de l’après-midi est souvent mieux réglée par une nuit plus longue que par une tasse de plus. Voir notre article sur le coup de barre après le repas.

Questions fréquentes

Le café fait-il monter la tension ?

Il provoque une hausse légère et passagère de la pression artérielle, surtout chez les personnes qui en boivent rarement. Chez les buveurs réguliers, l’effet s’atténue. En cas d’hypertension non contrôlée, parlez-en à votre médecin.

Le café déshydrate-t-il ?

Non, à consommation modérée. Son effet diurétique est faible chez les buveurs habituels, et l’eau qu’il apporte compte dans les apports en boissons.

Le décaféiné a-t-il les mêmes effets ?

Dans les études d’observation, le décaféiné est associé à des bénéfices proches pour le diabète et la mortalité, ce qui suggère un rôle d’autres composés (polyphénols). Il évite les effets de la caféine sur le sommeil et l’anxiété.

Le café est-il cancérigène ?

En 2016, le Centre international de recherche sur le cancer a retiré le café de la liste des cancérigènes possibles. Il a en revanche classé les boissons consommées très chaudes, au-dessus de 65 °C, comme probablement cancérigènes pour l’œsophage : laissez tiédir un peu.

Sources

  1. EFSA, Scientific Opinion on the safety of caffeine, 2015.
  2. Poole R. et al., Coffee consumption and health: umbrella review of meta-analyses of multiple health outcomes, BMJ, 2017.
  3. Centre international de recherche sur le cancer (IARC), Monographs volume 116: coffee, maté and very hot beverages, 2016 (publié en 2018).
  4. Urgert R. et Katan M. B., The cholesterol-raising factor from coffee beans, Annual Review of Nutrition, 1997.

Cet article informe sur la nutrition en général. Il ne remplace pas une consultation : en cas de maladie, de traitement, de grossesse ou pour un enfant, demandez l'avis d'un médecin, d'un pharmacien ou d'un diététicien.